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EN CONCLUSION,
On ne peut pas être insensible à
l’idée de la Route du Sel
dès lors que l’on y a mis les pieds. C’est comme
une drogue. En tous cas, c’est un fait pour nous également,
même si à la base nous ne faisions que notre travail
de journaliste. Notre choix dans cette histoire de grande randonnée
à thème était de suivre pas à pas ces
aventuriers d’un autre âge. D’emblée, notre
vision fut positive car je ne suis pas neutre dans cette histoire.
Je reste avant tout président d’une fédération
de randonneurs (FREF-France) et ce type de voyage à cheval
va dans le sens de nos engagements fédéraux : voyage,
liberté, chevaux, nature, défense des chemins. Tout
cavalier que je suis, j’ai décidé de suivre
la Route du Sel à VTT pour être moins prisonnier de
nos montures lorsqu’il faut s’arrêter pour prendre
des photos, revenir sur nos pas ou remonter plus avant. C’est
la troisième année que nous y sommes présents.
Inutile de dire, qu’en dehors de l’amitié que
je porte à Jean Yves BONNET et à quelques bénévoles,
cette participation est une vrai joie pour ma photographe et moi.
Cela ne nous empêche pas de
conserver un esprit critique sur ce
qui se passe. Le fait d’être invités sur cette
Route du Sel, en échange de quoi nous proposons aux internautes
de retrouver la Route en temps quasi-réel, nous laisse toute
latitude pour en commenter l’organisation. Il se trouve que
cette opération 2006 appelle un certain nombre de commentaires,
que l’on retrouve chaque jour sur ce site. Ils sont parfois
caustiques, parfois amusés mais ils reflètent toujours
les humeurs, les nôtres mais également celles des participants.
Les échos, les bruits
de couloirs, les chuchotements nous amènent à donner
notre opinion, qui nous semble relever d’un choix politique.
Notre époque et
notre société ne se satisfont plus de structures illisibles
:
- Ou l’on est une organisation purement
commerciale et, par contrat, on propose à des clients (consommateurs)
des produits parfaitement définis ; ce qui est le cas des
tours opérators par exemple. On peut comprendre alors que
le but est de gagner de l’argent.
- Ou l’on reste une organisation associative, avec un but
ésotérique, historique et l’on peut se permettre
d’être plus souple sur l’organisation puisque
il ne s’agit que de bénévoles. Mais il est impératif
que les randonneurs (clients) sachent alors ce qui les attend au
niveau de la qualité des prestations car évidemment
ce ne seront pas les mêmes acheteurs qui viendront et ils
n’auront pas les mêmes attentes que des consommateurs
de tours opérators.
Toutefois, à partir
du moment où un citoyen paye (70
€ par jour sans cheval) pour un produit défini, il est
en droit d’obtenir ce qu’on lui a promis. Si on lui
a dit qu’il y aurait des douches chaudes, il faut qu’elles
soient chaudes. Et en tout cas, personne ne peut lui répondre
qu’il fait chaud et qu’il peut se doucher à l’eau
froide.
D’une façon générale,
nous pouvons dire que cette Route du Sel n’est pas une randonnée
comme une autre : c’est une
randonnée sportive, et l’on ne peut pas la vendre comme
une ballade ouverte à tous ; on doit y trouver une alimentation
adaptée aux efforts de chacun (pédestre, vtt, cavaliers)
; les circuits doivent être exempts de danger (il ne s’agit
pas d’un raid) ; les cavaliers qui viennent par l’intermédiaire
de professionnels doivent savoir ce qu’ils vont trouver sur
cette randonnée, obtenir des chevaux adaptés à
leur niveau de compétence équestre, être pris
en charge par des accompagnateurs compétents ; si on promet
des vedettes ou des animations spécifiques il faut qu’elles
soient à la hauteur ; les clients ont besoin de trouver des
réponses à leurs questions existentielles. Ils doivent
trouver en permanence des interlocuteurs capables de les prendre
en charge.
En réalité,
les manques de cette année ont provoqué une grande
relation entre les divers participants. Disons également
que pas mal de griefs étaient lancés à l’encontre
de certains professionnels équestres, par leurs propres clients.
Les randonneurs quels qu’ils soient se sont débrouillés
entre eux. Quelques uns sont partis manger au restaurant quand le
repas ne leur convenait pas. Le mot de la fin revient à une
ancienne de la Route : « je
n’étais pas revenue depuis quelques années ;
au moins ça n’a pas changé, c’est toujours
autant le bazar ».
Gilbert DE KEYSER
Crédit photos : Karine MERIENNE.
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