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2007


LA ROUTE DU SEL
EN CONCLUSION,

On ne peut pas être insensible à l’idée de la Route du Sel dès lors que l’on y a mis les pieds. C’est comme une drogue. En tous cas, c’est un fait pour nous également, même si à la base nous ne faisions que notre travail de journaliste. Notre choix dans cette histoire de grande randonnée à thème était de suivre pas à pas ces aventuriers d’un autre âge. D’emblée, notre vision fut positive car je ne suis pas neutre dans cette histoire. Je reste avant tout président d’une fédération de randonneurs (FREF-France) et ce type de voyage à cheval va dans le sens de nos engagements fédéraux : voyage, liberté, chevaux, nature, défense des chemins. Tout cavalier que je suis, j’ai décidé de suivre la Route du Sel à VTT pour être moins prisonnier de nos montures lorsqu’il faut s’arrêter pour prendre des photos, revenir sur nos pas ou remonter plus avant. C’est la troisième année que nous y sommes présents. Inutile de dire, qu’en dehors de l’amitié que je porte à Jean Yves BONNET et à quelques bénévoles, cette participation est une vrai joie pour ma photographe et moi.

Cela ne nous empêche pas de conserver un esprit critique sur ce qui se passe. Le fait d’être invités sur cette Route du Sel, en échange de quoi nous proposons aux internautes de retrouver la Route en temps quasi-réel, nous laisse toute latitude pour en commenter l’organisation. Il se trouve que cette opération 2006 appelle un certain nombre de commentaires, que l’on retrouve chaque jour sur ce site. Ils sont parfois caustiques, parfois amusés mais ils reflètent toujours les humeurs, les nôtres mais également celles des participants.

Les échos, les bruits de couloirs, les chuchotements nous amènent à donner notre opinion, qui nous semble relever d’un choix politique.

Notre époque et notre société ne se satisfont plus de structures illisibles :

- Ou l’on est une organisation purement commerciale et, par contrat, on propose à des clients (consommateurs) des produits parfaitement définis ; ce qui est le cas des tours opérators par exemple. On peut comprendre alors que le but est de gagner de l’argent.

- Ou l’on reste une organisation associative, avec un but ésotérique, historique et l’on peut se permettre d’être plus souple sur l’organisation puisque il ne s’agit que de bénévoles. Mais il est impératif que les randonneurs (clients) sachent alors ce qui les attend au niveau de la qualité des prestations car évidemment ce ne seront pas les mêmes acheteurs qui viendront et ils n’auront pas les mêmes attentes que des consommateurs de tours opérators.

Toutefois, à partir du moment où un citoyen paye (70 € par jour sans cheval) pour un produit défini, il est en droit d’obtenir ce qu’on lui a promis. Si on lui a dit qu’il y aurait des douches chaudes, il faut qu’elles soient chaudes. Et en tout cas, personne ne peut lui répondre qu’il fait chaud et qu’il peut se doucher à l’eau froide.

D’une façon générale, nous pouvons dire que cette Route du Sel n’est pas une randonnée comme une autre : c’est une randonnée sportive, et l’on ne peut pas la vendre comme une ballade ouverte à tous ; on doit y trouver une alimentation adaptée aux efforts de chacun (pédestre, vtt, cavaliers) ; les circuits doivent être exempts de danger (il ne s’agit pas d’un raid) ; les cavaliers qui viennent par l’intermédiaire de professionnels doivent savoir ce qu’ils vont trouver sur cette randonnée, obtenir des chevaux adaptés à leur niveau de compétence équestre, être pris en charge par des accompagnateurs compétents ; si on promet des vedettes ou des animations spécifiques il faut qu’elles soient à la hauteur ; les clients ont besoin de trouver des réponses à leurs questions existentielles. Ils doivent trouver en permanence des interlocuteurs capables de les prendre en charge.

En réalité, les manques de cette année ont provoqué une grande relation entre les divers participants. Disons également que pas mal de griefs étaient lancés à l’encontre de certains professionnels équestres, par leurs propres clients. Les randonneurs quels qu’ils soient se sont débrouillés entre eux. Quelques uns sont partis manger au restaurant quand le repas ne leur convenait pas. Le mot de la fin revient à une ancienne de la Route : « je n’étais pas revenue depuis quelques années ; au moins ça n’a pas changé, c’est toujours autant le bazar ».


Gilbert DE KEYSER

Crédit photos : Karine MERIENNE.


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