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2007


Graziella BORDIGNON (artiste peintre)

Elle s’appelle Graziella BORDIGNON. Elle a 34 ans mais elle a cette lueur dans les yeux qui lui en font paraître 10 de moins. Il ne fait aucun doute que les artistes vivent une autre forme de vie que les simples humains. Ils sont aériens et introspectifs mais ça les rend proches des gens, ceux qui investissent leurs œuvres et se retrouvent dans un même feeling.



Il n’y a pas de cavalier dans sa famille qui vit entre Grenoble et Chambéry. A l’âge de 9 ans, elle a l’occasion de monter à cheval (promenades et "belles gamelles"), et ne s’est aujourd’hui toujours pas arrêtée. Elle veut son propre cheval, mais ça sera pour plus tard. En fait, à l’âge de 12 ans, on lui achète son premier poney.

Elle passe son bac (A1, c'est-à-dire littéraire/math) et entre en fac d’arts plastiques. Il faut bien dire qu’elle est autant passionnée par le dessin que par le cheval. D’ici à penser que les deux puissent se réunir, il n’y avait qu’un pas. Elle a 18 ans, et c’est le moment où une amie de sa grand-mère lui fait découvrir l’art, les galeries, les musées. : « finalement, on choisit son métier par élimination. Ce qui est sûr, c’est qu’il y avait des choses que je ne voulais pas faire. Je suis alors partie à Saint Etienne pour préparer un DEUG arts plastiques et voir ce que c’était. Ce fut une année « lavage de cerveau ».

Elle passe une licence, puis la maîtrise. Elle a 23 ans. Pendant toutes ces années, elle découvre le cheval, passe des galops (jusqu’au G7), s’occupe de chevaux : « je me rappelle m’être occupée de haflingers dans le Nord de l’Isère ». Une rencontre l’embarque dans un autre monde du cheval où l’instinct et le feeling permettent un autre type de relation. Puis, elle rajoute la technique. « Je suis partie 4 mois au Canada travailler dans un ranch, baignée par l’histoire de l’Etalon noir. Mais le fumier est le même partout et j’ai préféré le faire en France ».

Elle fait des petits boulots, elle part sur les marchés aux peintres « où j’attrape la crève. Il faut créer des choses et il faut les montrer. Donc, je peins et j’essaie de vendre. J’ai évité les galeries d’art car elles prennent trop de pourcentages. Pourtant il faut vendre pour vivre. ».

Elle bosse dans une boite de styliste et de décoration. C’est son coté « fille », qui fait qu’elle aime bien finir les choses, y mettre des fioritures, des fleurs. Mais elle a des idées précises sur la peinture et sur la relation entre l’artiste et la vie sociale : « la peinture, c’est un mouvement, une force. On ne peut pas faire de concession, et c’est la raison pour laquelle on dévie de la voie sociale classique même si parfois on fait des choses alimentaires pour ne pas souiller la créativité (être au RMI par exemple) ».

Elle prend un stand au salon Cheval Passion, et pour elle, c’est sa dernière démarche vers sa profession de peintre. Si ça ne marche pas, elle arrête. Comme quoi un artiste, ça doute énormément ! Et là, c’est la lumière : « ça marche à fond. Les clients achètent, deviennent des amis, sans doute parce qu’ils ont compris qu’il y avait quelque chose dans mes tableaux. C’est cela que je recherchais. Le côté élitiste me « débecte », la peinture ce n’est jamais que du coloriage sur des surfaces planes. C’est pas ça la vie. Pourtant, ce que l’on met sur une toile cela a quelque chose de personnel, d’intime ».

« Pour ce qui concerne les jeunes, il faut leur dire d’aller au bout de leurs motivations. Si l’on sait ce que l’on veut, on trace sa route. Attention, ce sont toujours les plus proches qui vont se charger de vous casser le mental. Il ne faut pas baisser les bras. Finalement, c’est la vie qui se charge d’ouvrir les portes ».

Gilbert DE KEYSER


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