
Elle
s’appelle Frédérique HARDY CARON. Elle a 43
ans. Comme vous le constaterez, elle a une vie hétéroclite,
faite de voyages et de rencontres et comme pour beaucoup sa passion
du cheval l’a menée vers des horizons parfois aux antipodes
du chemin de vie qu’elle pensait être le sien. Elle
a tout appris par elle même, comme la parfaite autodidacte
qu’elle est. Tout ce qu’elle sait, c’est la vie
et les gens qui le lui ont inculqué.
Elle a 8 ans lorsqu’elle pose pour la première fois
ses fesses sur un cheval : « je
me souviens que la première fois que je suis montée
sur un cheval, il s’est emballé et m’a embarquée
sur la route. Un signe : je n’ai pas eu peur ».
Elle monte chaque week-end près de Chartres, car sa grand
mère y possède une propriété. Elle
est assidue et passe ses premiers et seconds degrés (galop
6) qu’elle obtient à 17 ans. Elle fait également
du CSO. Elle n’a pas son bac quoiqu’elle ait le niveau ;
pas plus que le BTS qu’elle poursuit à l’Ecole
Supérieure de Commerce.
Elle
se fait embaucher au Haras de Jardy en 1982, où elle travaille
à mi-temps comme coordinatrice des centres de loisirs des
Hauts de Seine : « En
fait, je travaille les week-ends et les vacances scolaires. Finalement
me voilà partie pour un stage de préparation au
monitorat en Normandie. Malheureusement, un coup de cœur
m’entraîne vers le Koweit. C’en est fini du
cheval pour 5 ans ».
Elle rentre en France en 1989, à Toulouse plus exactement,
et là un nouveau coup de cœur l’emmène
vers d’autres cieux ou plus exactement vers une nouvelle
vie. Son voisin est un maître ébéniste, avec
une vision universelle du bois. Avec lui, elle apprend à
la fois le sens du bois et la création artistique. Ils
achètent une maison et en reconstruisant l’intérieur,
elle apprend la menuiserie, les meubles, le bâti :
« En 1992, j’ai fais un stage à l’AFPA,
pour une formation d’insertion et de nouveau le départ
mais vers la Guyane cette fois-ci. Je travaille dans le bois avec
l’ONF, le CIRAD, l’INRA, dans le cadre d’un
emploi solidarité et ce pour la création d’un
sentier pédagogique. Je travaille avec les écoles
guyanaises. En même temps je reprend un peu le cheval, mais
le cœur n’y est pas ».
Elle
revient en France en 1997 et achète son premier cheval,
CHOUCHOU, un anglo-arabe. Elle le monte dans un centre équestre
et son box est à l’opposé de la sellerie.
Elle décide de créer son premier tréteau
auquel elle adjoint des roues et une boite de rangement. Super
idée. Son tréteau plait et on lui demande d’en
vendre. Elle s’exécute et fait sa première
exposition au Salon du Cheval de Toulouse en 2000. C’est
le déclic . Elle devient artisan et profite d’un
SCOOP (organisme qui regroupe les créateurs d’entreprises),
qui lui permet pour 6 mois d’être déclarée
et de bénéficier de la référence professionnelle.
Nous sommes au début de l’année 2003, et elle
a 6 mois pour prouver que son activité est viable.
« j’ai fait une expo
chez Marcel ROZIER qui a eu le coup de foudre pour ces produits,
puis au CSI de Cannes ». Le public ne se trompe
pas et les contacts, les ventes et les devis se multiplient Une
rencontre avec une « jeunette » ouvre de
nouveaux horizons : Amandine REMY entre dans l’histoire
et se charge de la partie administrative et de la relation avec
la presse. A deux, la vie est plus facile même si financièrement
elle n’est pas plus simple. C’est Amandine qui part
à la finale des concours complets de Pau et de Tartas et
là encore, les contacts sont très bons.
Elles sont sur ce Salon de Lyon 2003 et il faut aller les voir.
« Pour faire ce métier il
faut sans doute aujourd’hui passer par l’apprentissage
de la menuiserie. Il faut être créatif, aimer le
bois, le comprendre. C’est une matière noble. Il
faut oser mélanger les couleurs, faire évoluer les
formes. Il faut être original. Pourtant, je ne suis pas
sure que l’école soit la plus adaptée. Elle
tue l’imagination ».